Non, sans douleur n'est pas sans danger. Le seuil de douleur est vers 120 décibels, mais des lésions auditives sont possibles dès 80. Entre les deux, le son abîme à ton insu les cellules ciliées de l'oreille interne, qui ne repoussent pas. À 80 décibels, huit heures par jour ; 3 décibels de plus divisent ce temps par deux.
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L'absence de douleur ne veut pas dire que c'est sans danger. Le seuil de douleur se situe vers cent vingt décibels, mais dès quatre-vingts décibels le son peut déjà abîmer ton audition, et entre les deux tu ne remarques rien.
Tu vois d'abord où se trouvent les lésions auditives : dans les cellules ciliées de ton oreille interne, qui ne repoussent pas. Le sifflement après une soirée de musique forte disparaît, les lésions non. Ensuite les deux nombres à ne pas confondre, le seuil de risque de quatre-vingts décibels et le seuil de douleur de cent vingt. Puis la règle de calcul : à quatre-vingts décibels tu peux y rester huit heures par jour, et chaque tranche de trois décibels de plus divise cette durée par deux, parce que trois décibels, c'est deux fois plus de son. Tu calcules combien de temps tu peux rester dans un gymnase à quatre-vingt-neuf décibels, ce que signifie la limite de cent trois décibels fixée aux Pays-Bas pour les événements, et comment on voit des lésions auditives sous la forme d'un creux sur un audiogramme. Enfin, pourquoi quinze décibels de protection auditive, c'est plus qu'il n'y paraît.
Pour la physique au lycée, dans le chapitre sur le son. À mi-parcours, une question est suivie d'un silence : mets la vidéo en pause à ce moment-là et réfléchis d'abord par toi-même.
Dans cette vidéo
- 0:00Le sifflement qui a disparu
- 0:15Où se trouvent les lésions
- 0:58Quatre-vingts et cent vingt
- 1:43Pourquoi trois décibels divisent la durée par deux
- 2:10Quatre-vingt-neuf décibels
- 2:33Le niveau autorisé lors d'une fête
- 3:01Comment voir que quelque chose a disparu
- 4:01Quinze décibels, c'est un facteur trente-deux
- 4:46Résumé
- 5:23Les deux questions
- 5:38Les réponses
- 6:02Conclusion
L'explication complète, par écrit
Le sifflement qui a disparu
0:00Après une soirée de musique forte, ton oreille siffle. Le lendemain matin, le sifflement a disparu, donc elle est rétablie. La plupart le pensent. Ce n'est pas vrai.
Où se trouvent les lésions
0:15Dans ton oreille interne, il y a des milliers de cellules ciliées qui transforment le son en signaux pour ton cerveau. Un son trop fort abîme ces cellules ciliées. Elles ne repoussent pas. Un os cassé guérit, une plaie se referme, mais ces cellules ciliées ne reviennent pas.
0:31Ce qui est perdu est perdu. Et tu ne sens pas que ça arrive. Elles n'ont pas de nerfs de la douleur. Ce sifflement n'est pas le dommage : c'est juste ton oreille, brièvement surchargée. Mais la même soirée, des connexions vers ton nerf auditif disparaissent aussi, et elles ne reviennent pas.
0:50Un test auditif ordinaire ne le voit pas, et c'est pourquoi le lendemain matin, tu as l'impression que rien ne s'est passé.
Quatre-vingts et cent vingt
0:58Maintenant, deux nombres, et l'important : ce sont deux nombres différents. Le premier, c'est cent vingt décibels : le seuil de douleur. Au-dessus, le son fait mal, et là, tu le sais. Le second, c'est quatre-vingts décibels : le seuil de risque.
1:14À partir de là, le son peut abîmer ton audition. Entre les deux, quarante décibels, et dans toute cette zone, le son fait des dégâts sans que tu remarques rien. Pas de douleur, pas d'avertissement, et impossible à réparer après. « Ça n'a pas fait mal » ne dit donc pas si c'était sans danger.
1:33À quatre-vingts décibels, tu peux y rester huit heures par jour. À ton avis : combien de temps à quatre-vingt-trois ?
Pourquoi trois décibels divisent la durée par deux
1:44Quatre heures. Et tu peux le vérifier toi-même. Trois décibels de plus, c'est deux fois plus de son. Ce qui abîme l'oreille n'est pas l'intensité seule ni la durée seule, mais les deux ensemble : la quantité totale d'énergie sonore qui est passée.
2:00Si le son est deux fois plus intense, il ne peut durer que moitié moins longtemps pour arriver au même total. Trois décibels de plus, temps divisé par deux.
Quatre-vingt-neuf décibels
2:10Imagine : dans le gymnase, pendant un tournoi, tu mesures quatre-vingt-neuf décibels. Tu pars de quatre-vingts, et ça correspond à huit heures. Quatre-vingt-trois, c'est une étape : quatre heures. Quatre-vingt-six, deux heures. Quatre-vingt-neuf, une heure.
2:24Quatre-vingt-neuf décibels, une heure. Si tu trouves deux heures, tu as compté deux étapes de trois décibels au lieu de trois.
Le niveau autorisé lors d'une fête
2:33Aux Pays-Bas, on a fixé le niveau autorisé de la musique amplifiée à un événement : cent trois décibels, en moyenne sur un quart d'heure. De quatre-vingts à cent trois, c'est vingt-trois décibels de plus, donc presque huit fois diviser par deux.
2:49Des huit heures, il reste environ deux minutes et demie. Ce n'est pas la règle des huit heures par jour de travail. Mais ça te dit bien où tu te trouves quand tu es tout devant.
Comment voir que quelque chose a disparu
3:02Ce qui reste de ton audition, tu peux le mesurer. Lors d'un test auditif, tu entends bip après bip, chacun à sa propre fréquence, et chaque son devient plus fort jusqu'à ce que tu le remarques tout juste. On enregistre ainsi, fréquence par fréquence, quelle intensité il a fallu.
3:17Tu obtiens un graphique de ton propre seuil d'audibilité. Chez quelqu'un qui entend bien, cette ligne longe proprement le haut. En cas de dommage, elle descend, et pas partout autant : il y a souvent un creux, quelque part vers quelques milliers de hertz.
3:34Pile là, ton oreille est la plus sensible, donc le son y arrive le plus fort et c'est là que les cellules ciliées lâchent en premier. Vieillir, c'est autre chose : ça grignote les sons les plus aigus, en partant de la droite. Un creux au milieu vient d'ailleurs.
3:50Voici deux de ces graphiques. Lequel des deux te ferait penser à un casque audio, et lequel à l'âge ?
Quinze décibels, c'est un facteur trente-deux
4:02Que peux-tu y faire ? Baisser le volume aide le plus, car tu t'attaques à la source. S'éloigner aide aussi. De bonnes protections auditives retirent environ quinze décibels, et ça paraît peu. Quinze décibels, c'est cinq étapes de trois. Chaque étape double la durée, donc doubler cinq fois, c'est un facteur trente-deux.
4:24Ce gymnase passe d'une heure à trente-deux heures. Dans l'autre sens, on trouve pareil : quatre-vingt-neuf moins quinze, soixante-quatorze, et c'est sous le seuil de risque de quatre-vingts. Deux chemins, la même réponse. Si tu trouves cinq heures, tu as multiplié par cinq au lieu de doubler cinq fois.
Résumé
4:47Quatre idées. Un : les dommages auditifs sont dans les cellules ciliées de ton oreille interne, elles ne repoussent pas, et tu ne sens rien quand ça arrive. Deux : le seuil de douleur est vers cent vingt décibels, le seuil de risque à quatre-vingts.
5:01Entre les deux, quarante décibels où le son fait des dégâts sans prévenir. Trois : à quatre-vingts décibels, tu peux y rester huit heures par jour, et chaque tranche de trois décibels de plus divise cette durée par deux. Quatre : un audiogramme montre ces dommages, sous la forme d'un creux au milieu.
5:20Une chute du côté droit, c'est le vieillissement.
Les deux questions
5:24Deux questions. Question un : à quatre-vingt-quinze décibels, combien de temps peux-tu y rester, selon la règle ? Question deux : selon quelqu'un, ça ne nuit pas tant que ça ne fait pas mal. Est-ce vrai ?
Les réponses
5:39La première : de quatre-vingts à quatre-vingt-quinze, il y a quinze décibels, donc cinq étapes de trois. De huit heures, divise cinq fois par deux : quatre, deux, une, une demie, un quart. Un quart d'heure. La seconde : non. La douleur commence seulement vers cent vingt décibels, les dommages dès quatre-vingts.
5:57Tout ce qui est entre les deux agit en silence, donc ton oreille ne te prévient pas.
Conclusion
6:03Tu sais maintenant calculer combien de temps tu peux rester quelque part, et tu sais pourquoi le sifflement part alors que le dommage reste. Sur la chaîne, une autre vidéo explique pourquoi un son deux fois plus intense ne paraît pas deux fois plus fort.
Questions fréquentes
À partir de combien de décibels a-t-on des lésions auditives ?
À partir d'environ 80 décibels, le son peut abîmer ton audition. C'est le seuil de risque. À 80 décibels, tu peux y rester huit heures par jour ; plus le son est fort, plus cette durée diminue. Le seuil de douleur est bien plus haut, vers 120 décibels, donc la douleur n'est pas un avertissement.
Combien de temps peut-on rester à 89 dB ?
Une heure. Pars de 80 décibels et de huit heures. Chaque tranche de 3 décibels de plus divise la durée par deux : 83 décibels, quatre heures ; 86 décibels, deux heures ; 89 décibels, une heure. Si tu trouves deux heures, tu as compté deux étapes de 3 décibels au lieu de trois.
Pourquoi la durée est-elle divisée par deux avec 3 dB de plus ?
Parce que 3 décibels de plus, c'est deux fois plus de son. Ce qui abîme l'oreille, c'est la quantité totale d'énergie sonore, donc l'intensité et la durée ensemble. Si le son est deux fois plus intense, tu atteins la même quantité en deux fois moins de temps.
Si le sifflement après une fête disparaît, l'oreille est-elle rétablie ?
Non. Le sifflement, c'est ton oreille temporairement surchargée, et ça passe. Mais les cellules ciliées abîmées et les connexions vers le nerf auditif ne reviennent pas. Un test auditif ordinaire ne voit pas ces connexions, donc le lendemain matin on a l'impression que rien ne s'est passé.
Combien aide une protection auditive de 15 dB ?
Un facteur 32 sur la durée. Quinze décibels, c'est cinq étapes de 3 décibels, et chaque étape double la durée pendant laquelle tu peux rester : doubler cinq fois, c'est 32 fois plus longtemps. Dans un gymnase à 89 décibels, tu passes d'une heure à 32 heures. Cinq heures est faux : tu aurais multiplié par cinq au lieu de doubler cinq fois.
Comment voit-on des lésions auditives sur un audiogramme ?
Sous la forme d'un creux dans la ligne, souvent vers quelques milliers de hertz. C'est là que l'oreille est la plus sensible, donc c'est là qu'un son fort arrive le plus fort. Le vieillissement se voit autrement : la ligne descend alors du côté droit, vers les sons les plus aigus.
Quinze décibels de moins, ce n'est pas cinq fois plus longtemps, mais trente-deux fois.
Physics with Thomas fait des explications de physique pour le secondaire. Aucun mot à l'écran, donc ce que vous voyez fonctionne dans toutes les langues.
Dans cette série
Le son et les vibrationsce que vous entendez n'est pas son air6:53
Fréquence, amplitude et hauteurplus fort n'est pas plus aigu5:57
Résonance et vibration par sympathiec'est le rythme, pas la force6:17
Fondamentale, harmoniques et timbremême son, autre couleur6:06
Le son d'une colonne d'airf = v divisée par 4L3:15
Décibels et niveau d'intensité sonore80 dB n'est pas le double de 40 dB3:31
Niveau sonore et distancedeux fois plus loin, quatre fois moins fort3:27
L'anti-bruitplus de son et pourtant plus calme2:31
L'oreille et le seuil d'auditionzéro décibel n'est pas le silence5:38
Lésions auditives et seuil de risquesans douleur n'est pas sans danger6:23
À propos de moi

Je m'appelle Thomas Schuurmans, et j'ai une passion pour la physique et pour comprendre pourquoi les choses fonctionnent comme elles fonctionnent. Ce que je veux, c'est amener les jeunes à demander plus souvent « pourquoi ? » et « comment ça marche ? », et leur donner les outils de la physique d'une manière simple et visible.
J'ai obtenu mon diplôme de physique appliquée à l'université de technologie de Delft en 2003. Ensuite j'ai passé plus de vingt ans hors de l'enseignement : d'abord à TNO, l'institut néerlandais de recherche appliquée, puis dans une agence de design, et enfin en fondant Proportion Global, avec qui je travaille sur des questions d'innovation en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud. Ce travail ressemble à la physique plus qu'on ne le croit : ne pas partir d'une solution, mais comprendre d'abord ce qui se passe, essayer, se tromper, et regarder à nouveau.
Depuis 2026 j'enseigne la physique au collège et au lycée, et j'ai commencé un master à l'université d'Amsterdam pour obtenir mon habilitation complète. C'est là que j'ai appris que l'attention réelle d'un élève pour une matière nouvelle dure environ sept minutes. Et mon défaut, justement, c'est de raconter trop d'histoires à côté du sujet.
De là est née l'idée : des vidéos qui expliquent un seul sujet, de façon nette et visuelle, dans ces sept minutes. Je les fais pour mes propres élèves. Ensuite je les publie, parce qu'une bonne explication devrait être à portée de tous ceux qui en ont besoin, où que vous viviez et quelle que soit la langue dans laquelle vous pensez et parlez.








